Le wagon de queue à la ferraille

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Par Claude Hebert
Le wagon de queue à la ferraille
L’ancien wagon de queue offert par le CP a été découpé à l’aide d’une torche et d’une scie à métal.

Le wagon de queue, transformé en mini-musée par un organisme sans but lucratif de Farnham, n’existe plus. Après avoir été vandalisé à maintes reprises au fil des ans, ce témoin d’une autre époque a été découpé à la torche et à la scie à métal, voilà quelques jours, par le ferrailleur qui s’en était porté acquéreur.

«C’est dommage, car ce véhicule aurait pu constituer un bel attrait pour notre municipalité. C’est une partie de l’histoire de Farnham qui disparaît», indique Gilbert Beaulieu, responsable de la Société d’histoire et de généalogie de Farnham (SHGF).

En cédant le wagon de queue à Pierre Mc Gowan pour le prix symbolique de 1 300 $, les autorités municipales de Farnham se débarrassent d’un objet encombrant, devenu source de problèmes.

«La transaction enlève une épine dans le pied de la Ville», résume M.Beaulieu, d’une façon imagée.

On se souviendra que la municipalité avait vendu le wagon de queue une première fois, il y a quelques années, mais l’acquéreur n’a jamais récupéré son bien.

Un cadeau empoisonné

Selon M.Beaulieu, le wagon de queue et la locomotive avaient gracieusement été offerts par le Canadien Pacifique, au début des années 90, à la demande d’un petit groupe de citoyens passionnés par l’histoire des chemins de fer.

La compagnie ferroviaire avait même accepté d’aménager une voie ferrée temporaire pour acheminer ces mastodontes jusqu’au parc Georges-Harold-Mudie.

À l’invitation de Jean-Louis Duquet, des vétérans du Canadien Pacifique et du Canadien National ont par la suite consacré de nombreuses heures à la transformation du wagon de queue en mini-musée ferroviaire.

«On pouvait y admirer des photos d’époque, des outils, des lanternes, un poste de radio et même un ancien costume porté par le chef de train», signale M.Beaulieu.

Des bénévoles se sont relayés pendant quelques années pour accueillir les visiteurs. Mais, les bénévoles se sont essoufflés et le mini-musée a été laissé à l’abandon.

Les installations ont été rouvertes au grand public, le 4 septembre 2004, pour la première édition du Jour du patrimoine. En 2008, on a par ailleurs entrepris des démarches auprès du Canadien Pacifique et du Musée ferroviaire de Saint-Constant afin d’obtenir des pièces de rechange pour la locomotive. Les pièces ainsi obtenues n’ont jamais été mises en place.

«J’avais suggéré à la Ville de souder les portes, pour empêcher les vandales d’accéder à l’intérieur de la locomotive et du wagon, mais rien n’a été fait. Au fil des ans, les installations sont devenues la proie des vandales. Des pièces importantes, d’une grande rareté, sont disparues et des dommages répétitifs sont survenus, conduisant à la fermeture définitive du mini-musée», ajoute M.Beaulieu.

Attirés par la hausse du prix du cuivre, des vandales ont notamment arraché le filage électrique des véhicules. Les portes ont été défoncées à maintes reprises et des graffitis ont été peints sur les murs du wagon de queue.

«À chaque fois que quelqu’un défonçait une porte, la Ville devait reboucher l’issue. Ce n’était plus drôle pour personne», reconnaît le porte-parole de la SHGF.

Ce dernier laisse entendre que la relocalisation du bureau d’information touristique (BIT) de Farnham dans le wagon de queue aurait pu aider à assurer la pérennité des installations du parc Georges-Harold-Mudie.

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