Les cloches quittent Farnham pour le… Vietnam!

Les paroissiens de Saint-Fabien, à Farnham, sont nostlagiques. Les cloches de leur ancienne église désafectée ont été retirées du clocher la semaine dernière pour être vendues à une communauté chrétienne 13 000 km plus loin… au Vietnam!

 

«C’est sûr que ça fait un petit pincement au cœur de les voir quitter Farnham, mais on se réjouit à l’idée qu’elles pourront servir de nouveau», indique la présidente de la Fabrique Saint-Romuald, Dolorès Samson.

 

Cette dernière signale que les administrateurs de la paroisse avaient décidé de laisser les cloches à la disposition des propriétaires de la résidence pour personnes âgées qui devait être aménagée sur le site de l’ancienne église, mais le projet n’a jamais vu le jour.

 

«Comme la bâtisse devrait être démolie tôt ou tard, nous avons jugé bon de nous départir des cloches. L’acheteur était disposé à nous offrir 5 000 $ pour chacune des trois cloches, mais les dommages causés par des vandales à l’une d’entre elles pourraient faire baisser son prix de vente», ajoute Mme Samson.

 

Le temple religieux de la rue Normandie, fermé depuis près de quatre ans, s’était départi de son mobilier (crucifix, chandeliers, statues de plâtre, bancs d’église, etc.) en septembre 2008 dans le cadre d’une vente aux enchères.

 

L’autel de marbre et les biens servant aux célébrations religieuses (ciboires, calices, vases sacrés, vêtements liturgiques, etc.) ont été réutilisés dans les paroisses Saint-Romuald et Sainte-Brigide ou ont pris la direction de l’évêché de Saint-Hyacinthe.

 

Une deuxième vie
Les cloches de Saint-Fabien ont été achetées par Daniel Desormiers, électricien de formation et propriétaire de Léo Goudreau & Fils, une firme spécialisée dans la réfection et l’entretien des clochers d’églises, tours d’horloge et paratonnerres. Cette entreprise de Delson, fondée en 1956, a été acquise par M.Desormiers en juin 2010.

 

Léo Goudreau & Fils compte plus de 2 200 clients au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick. Ses deux équipes d’employés visitent de 500 à 600 églises chaque année pour vérifier l’état des paratonnerres et voir à l’entretien des cloches.

 

«Des cloches bien entretenues peuvent durer très longtemps. On peut penser que celles de Saint-Fabien verront encore défiler plusieurs générations de paroissiens», indique M.Desormiers.

 

Ce dernier s’attend à pouvoir revendre les cloches de Saint-Fabien sans trop de difficulté.

 

«La paroisse de Shawinigan-Sud pourrait très bien racheter la plus grosse (SOL), celle de 1 310 livres, pour remplacer une cloche endommagée. Les deux plus petites (LA et SI), pesant respectivement 980 et 690 livres, devraient prendre la destination du Vietnam. Une petite communauté de ce pays nous a acheté trois cloches au début de l’automne», précise M.Desormiers.

 

Le spécialiste affirme que les cloches de Saint-Fabien sont relativement jeunes (1968) et de belle qualité. Elles ont été fabriquées par la Fonderie Paccar, une société française deux fois centenaire ayant plus de 120 000 cloches à son actif.

 

«Cette catégorie de cloches est abordable et n’est pas trop compliquée à installer. Les fonderies américaines et européennes en ont vendu de nombreux exemplaires au Québec dans les années 60, 70 et 80», signale le propriétaire de Léo Goudreau & Fils.
Les cloches sont généralement constituées de cuivre (à 78 %) et d’étain (à 22 %).

 

Travail de spécialistes
Léo Goudreau & Fils a eu recours à une équipe de trois hommes pour récupérer les cloches de Saint-Fabien. On a également utilisé les services d’une grue. L’opération a nécessité cinq heures de travail.

 

«C’est une opération assez délicate. C’est un peu comme descendre d’un clocher une petite voiture qui se balancerait de gauche à droite au gré du vent», explique M.Desormiers.

 

En examinant la plus grosse des cloches, les employés ont constaté qu’il lui manquait un battant (grelot). La pièce devra être remplacée.

 

Les curieux massés aux abords de l’ancienne église ont également pu remarquer la présence de nombreuses inscriptions sur les cloches.

 

«On y retrouve généralement le nom du pape, de l’évêque, du curé de la paroisse et du maire de la municipalité. On peut également y apercevoir les noms des marguilliers et des donateurs», précise M.Desormiers.

 

Le propriétaire de Léo Goudreau & Fils laisse entendre que son entreprise ne fait pas beaucoup de profit sur la revente des cloches, mais touche cependant des honoraires pour leur installation et leur désinstallation.
«Ça génère de la business, ça fait travailler nos hommes», résume-t-il.

 

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