Un ex-Granbyen nommé évêque

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Par Claude Hebert

Mgr Daniel Jodoin a été nommé évêque de Bathurst, au Nouveau-Brunswick, en janvier dernier par le pape démissionnaire Benoît XVI. L’ordination épiscopale de cet ancien Granbyen aura lieu le 25 avril prochain à la Cathédrale du Sacré-Cœur.

La nomination d’un évêque est le fruit d’un long processus qui s’échelonne sur plus d’un an.

«À chaque trois ans, le nonce – un ambassadeur du Vatican en sol étranger – recueille les noms des prêtres ayant les connaissances et les qualités requises pour devenir évêque. Il achemine ensuite un questionnaire aux collègues et anciens professeurs des prêtres concernés dans le cadre d’une vaste enquête visant à documenter les candidatures apparaissant sur sa liste. Quand un diocèse se libère, un groupe d’évêques se réunit à Rome, sous la direction du cardinal Marc Ouellet, pour prendre connaissance de l’identité des candidats et faire des recommandations au pape. C’est finalement au pape qu’il appartiendra de sélectionner l’un des trois dossiers qui lui auront été soumis par le comité de travail. Tout se fait dans le plus grand secret, sans que les candidats eux-mêmes en soient informés», résume Mgr Jodoin.

Dans le cas qui nous occupe, le processus a débuté en mars 2012 pour prendre fin au début de l’année suivante.

«J’ai reçu un coup de fil de Mgr Pedro Lopez Quintana, le 14 janvier dernier, m’informant qu’il souhaitait me rencontrer le lendemain. Quand j’ai reçu l’appel du nonce, j’ai été très surpris, mais j’ai bien compris qu’il se passait quelque chose», ajoute Mgr Jodoin.

Le diocèse de Sherbrooke a reçu une lettre enregistrée l’informant du départ imminent du curé de la paroisse Bon-Pasteur, le 18 janvier, soit trois jours avant l’annonce officielle par le Saint-Père de sa nomination comme évêque.

«Ma nomination brise une tradition vieille de 92 ans. Avant mon arrivée, l’évêché de Bathurst avait toujours été confié à un prêtre du Nouveau-Brunswick», signale le principal intéressé.

Détenteur d’un MBA

Fils de Jean-Paul Jodoin et Mariette Desnoyers, tous deux originaires de Farnham, Daniel Jodoin a fait ses études secondaires au Séminaire du Verbe-Divin (Granby) avant d’entrer au Collège Jean-de-Brébeuf (Montréal). Ce dernier s’est par la suite inscrit à l’École des Hautes études commerciales (HEC) de l’Université de Montréal, où il a obtenu un baccalauréat et une maîtrise en administration.

«Mon beau-frère Jean-Paul, fondateur de l’entreprise Distributeur de l’Est, avait conseillé à son fils d’aller se chercher un diplôme avant d’embrasser la prêtrise. Si ça ne marche pas, lui disait-il, tu auras un métier sur lequel compter. Daniel a donc été reçu comptable agréé et fiscaliste avant d’entrer en religion», indique Paul Desnoyers, homme d’affaires de Farnham et parrain du principal intéressé.

Entrée en religion

Daniel Jodoin a poursuivi ses études au Séminaire Saint-Paul (Ottawa), en vue de l’obtention d’un baccalauréat en théologie. Au terme d’un stage à Farnham et Bedford, ce dernier a été ordonné prêtre pour l’archidiocèse de Sherbrooke en 1992, avant de célébrer sa première messe à Bedford. Il a par la suite été nommé vicaire de la paroisse Saint-Joseph.

Le Granbyen d’origine détient également une licence en théologie dogmatique (ecclésiologie) de l’Université pontificale grégorienne de Rome.

«J’ai étudié à Rome pendant deux ans, au début des années 2000, à l’époque où Marc Ouellet enseignait encore. Il ne m’a pas enseigné, mais nous étions voisins de chambre», précise-t-il.

L’étudiant ecclésiastique s’est d’ailleurs occupé des préparatifs de l’ordination de Mgr Ouellet, avec un confrère, en 2001, pendant son séjour à Rome.

«La même année, j’ai travaillé comme aide-secrétaire au synode sur le rôle de l’évêque. J’ai tenu le procès-verbal des rencontres pendant un mois», ajoute le principal intéressé.

Daniel Jodoin a officié pendant une vingtaine d’années au diocèse de Sherbrooke, où il agissait comme responsable de l’Office archidiocésain du clergé depuis 2009, curé de la paroisse Bon-Pasteur depuis 2010 et recteur du Grand Séminaire des Saints-Apôtres depuis juin dernier.

«Comme la communauté latino-américaine est très présente dans la région de Sherbrooke, notre paroisse a décidé d’offrir une messe en espagnol chaque dimanche. J’ai d’ailleurs fait un séjour en Espagne et un autre au Pérou pour mieux apprendre la langue», précise celui qui parle également le français, l’anglais et l’italien tout en possédant quelques rudiments d’allemand.

Daniel Jodoin accueille d’ailleurs avec beaucoup d’enthousiasme la nomination du nouveau pape.

«La majorité des catholiques habitent l’Amérique du Sud, là où les églises débordent et bouillonnent de vie. L’arrivée du pape François va nous permettre de renouer avec cet esprit-là», affirme Mgr Jodoin.

Le nouvel évêque estime que le plus grand défi de l’Église consiste à nourrir la foi des gens, à parler du Christ aux nouvelles générations.

«Comme l’enseignement religieux est sorti des écoles, il faut que la famille et la communauté prennent le relai, avec l’aide de l’Église. Les parents ont un important rôle à jouer pour pallier à la brisure dans la transmission des valeurs religieuses», insiste-t-il.

Une fierté familiale

Une vingtaine de proches parents de Mgr Jodoin devraient faire le voyage au Nouveau-Brunswick à l’occasion de l’ordination du nouvel évêque.

La famille Desnoyers sera notamment représentée par Mariette (mère de Daniel), Paul, Jacques et Michel Desnoyers (oncles de Daniel). Denise Jodoin (tante de Daniel), Marie et Edith Jodoin (sœurs de Daniel) ont également confirmé leur présence.

La cérémonie sera présidée par le nouvel archevêque de Moncton, Mgr Valéry Vienneau, qui assumait la charge de Bathurst avant la nomination de Mgr Daniel Jodoin. Les évêques d’Edmunston et de St.John participeront également à cette célébration.

«C’est un grand honneur pour notre famille, mais également pour tous les Québécois. Je sais que Daniel est un prêtre très apprécié, qui ne ménage pas ses efforts(…) Il va faire un bon évêque», affirme Denise Jodoin, résidante de Farnham et tante de Daniel Jodoin.

Paul Desnoyers est du même avis…

«Daniel n’a pas été nommé sans raison. C’est un homme qui a un bon jugement. Sa grand-mère Lucie, aujourd’hui décédée, aurait été très fière de lui», laisse entendre M.Desnoyers.

Un bel hommage

Le diocèse de Sherbrooke a tenu à souligner le départ de l’ancien curé de la paroisse du Bon-Pasteur, à la mi-mars, au moyen d’une messe, concélébrée par 17 autres prêtres, et d’un banquet à guichets fermés réunissant plus de 300 personnes.

«Je quitte Sherbrooke après Pâques pour une rencontre des évêques de l’Atlantique d’une durée de trois jours. Au début d’avril, je reviens à Saint-Benoit-du-Lac pour une retraite fermée. Mon déménagement suivra dans la semaine du 15 avril alors que et mon ordination aura lieu le 25 en présence du lieutenenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick», résume Mgr Jodoin.

Ce dernier connaît déjà cette province pour avoir assisté à l’ordination de confrères séminaristes de Bathurst et de Moncton à la fin de leurs études.

«J’ai également eu l’occasion d’assister au mariage d’un ancien séminariste qui avait pris une Acadienne pour épouse», ajoute-t-il.

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