Une vigile et une pétition en soutien à Philomena Williams

IMMIGRATION. Le Centre Femmes des Cantons organise une vigile et a lancé une pétition pour donner son appui à Philomena Williams, une Cowansvilloise qui sera déportée au Nigéria le 9 novembre prochain.

Aujourd’hui, à 16 h 30, la population est invitée à montrer son soutien à la femme qui a tenté de trouver refuge au Canada en 2018.

« Sur la pétition, il y a des commentaires d’autres personnes du Nigéria qui expliquent que retourner une femme dans un pays où le Canada ne recommande pas de voyager alors qu’elle a perdu tout son réseau de soutien, c’est de la placer dans une situation à risque, relate l’intervenante et animatrice au Centre Femmes des Cantons, Micaela Robitaille. C’est un pays qui est dangereux pour n’importe qui. Il y a des questions à se poser. »

Philomena Williams a rencontré de multiples avocats afin de compléter sa demande d’asile, sans obtenir le résultat escompté.

« J’ai fini par avoir une audience devant un juge, mais ça n’a pas fonctionné, relate Mme Williams. Il y a beaucoup d’embûches à faire tomber une décision lorsqu’elle est rendue. J’ai tenté de leur faire comprendre que la situation est très ardue dans mon pays. Tout peut arriver. Le Nigéria est très volatil, les choses changent extrêmement rapidement, à un rythme que vous ne pouvez pas imaginer. »

Mme Williams a une sœur et un frère qui résident toujours au Nigéria, mais tous les deux sont malades.

« La situation dans mon pays est vraiment mauvaise, poursuit-elle. Il n’y a pas d’espoir pour ceux qui y sont présentement. Les gens tentent de trouver des façons de s’enfuir. La vie de la population est en danger. Des horreurs se produisent tous les jours et les autorités sont incapables de s’en occuper. »

DEMANDE APRÈS DEMANDE

Pendant tout son périple au Canada, Mme Williams a dû dépenser d’importantes sommes en frais d’avocat, avec l’espoir qu’elle puisse obtenir son statut de réfugiée. Des espoirs qui resteront vains.

« Le gouvernement, avec la façon qu’il donne espoir aux gens, la façon qu’il dit qu’il accepte les réfugiés et tout l’encouragement, j’étais très optimiste vis-à-vis ma demande, soutient Mme Williams. Je n’aurais jamais pu penser que j’aurais eu à traverser tout ça. Ça a été une expérience très traumatisante. »

« Pour nous, Philomena est un exemple de résilience, affirme de son côté la coordonnatrice du Centre Femmes des Cantons, Josiane Whittom. Elle est venue seule ici pour trouver refuge et, malgré la peine immense à la suite du décès tragique de sa fille au Nigéria, elle n’a pas lâché. Elle s’est retroussé les manches, a travaillé, a suivi les processus légaux pour obtenir un statut. Nous ne comprenons pas pourquoi le Canada ne reconnaît pas les risques qu’elle encourt en retournant au Nigéria ni son apport à la société québécoise alors qu’on fait face à un grand manque de main-d’œuvre. C’est inhumain de retourner une personne qui craint pour sa vie dans un pays où on ne recommande même pas de voyager. »

LA SUITE

Le Centre Femmes des Cantons et Philomena Williams ont contacté dans les derniers jours différents avocats recommandés par des organismes spécialisés dans les demandes d’asile.

Deux solutions se sont montrées à elles, soit une demande de sursis et une demande de résidence pour considérations humaines.

Mais les avocats les ont bien averties : les chances de réussite sont minces et les coûts liés à ces demandes, très importants.

« Un appel a été fait au bureau de la députée [fédérale de Brome-Missisquoi], Pascale St-Onge, ajoute Micaela Robitaille. Son équipe a les documents de Philomena et a demandé des informations supplémentaires jeudi. Du côté [de la députée fédérale de Shefford], Andréanne Larouche, j’étais en communication avec elle vendredi et elle demandait également des informations pour bien comprendre le dossier. On n’a aucune réponse définitive. Dans les deux cas, ce qu’elles m’ont dit, c’est que c’est très difficile de renverser une situation à cette étape-là. Mais elles travaillent sur le cas.»